Passer des vacances plus responsables : 5 conseils pratiques

Ces dernières années, deux phénomènes se sont combinés pour favoriser le tourisme local et écoresponsable. La pandémie de la Covid-19 empêchant à plusieurs reprises les déplacements au-delà d’un certain nombre de kilomètres, les vacances locales ont commencé à fleurir : pourquoi ne pas partir à la découverte de notre région finalement ? Puis, vint le sixième rapport alarmant du GIEC sur l’évolution du climat, publié en trois volets entre août 2021 et avril 2022.  Par ailleurs, progressivement, sans doute trop lentement, une prise de conscience grandissante que nos modes de vie concourent à la perte de notre planète émerge dans nos sociétés. Même si cela reste encore trop anecdotique à l’échelle de la Terre, de plus en plus d’initiatives voient le jour pour aider les touristes à passer des vacances plus responsables. Les voyageurs cherchent à limiter leur impact environnemental lors de leurs séjours touristiques. Voici quelques conseils pour tendre vers l’écotourisme.

#1 – Choisir sa destination pour passer des vacances responsables

Selon une étude publiée lundi 7 mai dans Nature Climate Change, le tourisme est à l’origine de 8% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Selon cette étude, en 2013, les voyages internationaux ont causé une empreinte carbone d’environ 1 Gt de CO2, soit 23 % de l’empreinte carbone mondiale du tourisme. Avec la démocratisation des voyages, choisir une destination loin de chez soi est de plus en plus courant. Ce n’est pas sans conséquence pour les populations locales. Parmi les destinations populaires, la Grèce, la Croatie mais aussi la Thaïlande souffrent de l’impact écologique du tourisme. En cause, les transports, mais aussi le logement, l’alimentation, le shopping. En effet, les biens et services consommés par les touristes contribuent également à l’augmentation des gaz à effet de serre. Certes, le secteur du tourisme est souvent le nerf de la guerre économiquement parlant pour nombre de ces pays. Et puis l’envie de découvrir des contrées lointaines, d’apprécier la beauté des pays autrement que par procuration peut complètement s’entendre et se comprendre. Alors, que vaut-il mieux ?

Voyager dans un périmètre proche de chez soi ou répondre à l’appel de contrées lointaines ? Choix cornélien !

Voyager loin : quelques conseils pour limiter son impact écologique

Dans le cas d’un voyage à l’autre bout de la planète, vous pouvez quand même limiter votre impact :

  • Privilégier les séjours longs ;
  • Eviter les lieux touchés et menacés par le tourisme de masse en utilisant la carte du sur-tourisme mise en ligne par Voyageons autrement ;
  • Envisager de prendre le temps de voyager, à l’instar de Céline, du blog Iznowgood qui a mené un Slow World Tour. Sa contrainte ? Ne pas prendre l’avion. Elle a pu se rendre jusqu’en Mongolie, puis en Chine en train et vélos…
  • Trouver une alternative aux croisières… Et oui, selon une étude de la fédération France Nature Environnement (FNE) de 2015, un paquebot de croisière à l’arrêt pollue autant qu’un million de voitures.
Voyager proche de chez soi pour éviter le transport aérien

Vous aimez voyager ? Équilibrer vos déplacements dans votre propre pays, les pays limitrophes et les pays lointains. Vous avez sans aucune doute encore de nombreuses beautés proches de chez vous ! Saluons à ce titre l’initiative de la plateforme collaborative de développement touristique de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Pour relancer le tourisme de proximité, elle a créé le projet Partir-ici. Afin de contribuer à un tourisme respectueux des enjeux environnementaux, elle a souhaité valoriser les économies locales. Ce guide de voyage numérique répertorie des activités touristiques locales :  balades, sports, restauration, loisirs, artisanat, culture… Il est alimenté grâce à une communauté d’« éclaireurs », des habitants engagés qui souhaitent faire découvrir leur région aux visiteurs… et aux locaux.

#2 – Réduire l’impact écologique de ses déplacements

Calculer les émissions de CO2 de ses trajets

Vous avez choisi votre destination, en connaissance de cause. Que ce soit à l’autre bout de la planète, très proche de chez vous, ou dans un pays limitrophe, vous pouvez agir sur l’impact écologique de vos déplacements pour vous rendre à destination, mais également une fois sur place. La plateforme voyage.chiffres-carbone.fr vous permet de calculer vos émissions de CO2 selon votre destination et votre mode de transport. Elle vous aide ainsi à retenir les meilleures options écologiquement parlant.

Privilégier le train, le bus, le covoiturage, le vélo… et la marche à pied. Certes les données varient selon différents facteurs comme la distance parcourue et l’énergie utilisée,  mais l’empreinte carbone par personne d’un trajet en train peut être 20 à 65 fois inférieure à celle d’un trajet en avion ou en voiture. Quant à celle d’un trajet en bus, elle est 5 à 6 fois inférieure.

Prendre le temps de voyager en adoptant le mode slowtravel

Comme l’a montré le Slow World Tour de Céline, le train est une autre façon de traverser les pays, de les explorer, en prenant le temps. Sur le site Le monde en train, vous trouverez des idées d’itinéraires et des trains spéciaux, comme celui qui relie de nuit Paris à Vienne en Autriche. A ce titre, n’hésitez pas à suivre le périple de Bruno Maltor avec ce train mais également ceux qu’il a empruntés de New York à Miami en passant par Savannah.

Une fois à destination, regardez également l’impact de vos déplacements locaux. Ainsi, pour revenir sur le périple de Céline et son conjoint, c’est en VTT qu’ils ont décidé de traverser la Mongolie.

Des sites internet permettent de calculer l’impact de votre voyage sur le climat selon le mode de transport utilisé : Energie Environnement, Carbon Foot Print, Green Tripper.

Compenser financièrement son impact écologique

Vos contraintes sont telles que prendre l’avion est une nécessité, sachez qu’il est toujours possible de compenser votre empreinte carbone. Vous pouvez par exemple faire un don à une association qui œuvre pour la préservation de la planète. Le groupe Voyageurs du Monde s’engage ainsi pour un tourisme responsable en compensant 100% des émissions liées aux voyages de ses clients. Certes, une compensation financière n’empêchera pas les émissions de CO2, mais la vie n’offre pas toujours la possibilité de faire les choix qui nous siéraient le plus. Nous devons faire des compromis face à des contraintes logistiques, temporelles, financières, etc.

#3 – Opter pour un hébergement écoresponsable

L’hébergement a un impact non négligeable sur l’environnement

Selon une étude de l’ADEME sur les émissions du tourisme en 2018 (pré-crise Covid-19) en France, le secteur est responsable de l’émission de 118 millions de tonnes de CO2. 77% des émissions sont dus au transport en lien avec des longs voyages. Le transport aérien représente 40% de ces rejets. Les 37% restants sont alloués au transport en voiture, train, bus, etc. Reste, pour la France en 2018, plus de 27 millions de tonnes d’émission de gaz en lien avec le tourisme. D’où proviennent-ils ? Comme nous l’avons vu, des biens et services consommés par les visiteurs, et notamment du rôle joué par l’hébergement. Effectivement, l’hébergement touristique en France, toujours selon l’étude de l’ADEME, représente 8,5 millions de tonnes de CO2 d’émissions. Il est aujourd’hui possible de choisir des hébergements qui cherchent à limiter leur impact écologique.

Certains hôtes s’engagent dans des démarches durables et responsables

Sur Lyon, vous trouverez une liste d’hébergements engagés : les labellisés, ceux ayant adopté une politique de développement durable interne, les adeptes de démarches durables. D’autres modes d’hébergement sont possibles, comme l’auberge participative Alter’Hostel à Lyon. Autre alternative testée par Céline d’Iznowgood, l’échange « nourri-logé » contre quelques heures de main forte. Elle et son compagnon ont ainsi passé un mois dans une ferme bio en permaculture non loin de Xingping. Ils étaient logés et nourris en échange de 4 à 5h de travail à la ferme, 5 jours par semaine. Alors oui, on est loin des doigts de pieds en éventail au bord d’une piscine d’un hôtel all inclusive. Mais choisir des vacances responsables, c’est aussi modifier son état d’esprit. Prendre le temps de voyager, échanger un peu de son temps contre repas et nuitée n’empêchent pas le repos du corps et de l’esprit.  Enfin, signalons la 1ère plateforme de réservation d’hébergements éco responsables de France, Vaovert. Et l’initiative similaire de We Go Greenr.  Vous devriez pouvoir trouver votre bonheur d’écotouriste !

#4 – Privilégier une alimentation et des achats locaux

Les achats locaux réduisent notre empreinte carbone

Outre les transports et l’hébergement, les achats effectués par les touristes et leur alimentation sur leur lieu de villégiature ont aussi un fort impact écologique. Parmi les bons gestes à adopter pour limiter cet effet, il est conseillé de :

  • privilégier les restaurants qui utilisent des produits locaux ;
  • cuisiner ses propres repas en achetant des matières premières locales, lorsque c’est possible ;
  • ramener des souvenirs réalisés par des artisans locaux plutôt que fabriqués en Chine ou autres pays d’Asie.
Les restaurants et commerces éco responsables s’affichent, retrouvez-les

Pour la France, vous pouvez utiliser l’application Tookki. Ce city guide 3.0 durable et responsable facilite votre recherche d’un hôtel, d’un restaurant, d’une activité, d’un commerce, d’un transport, engagés dans la réduction de leur impact sur l’environnement. Ainsi, via l’application, vous pourrez choisir, pour Lyon, le restaurant Le court-circuit qui s’approvisionne grâce à des circuits courts auprès de producteurs locaux et affichent une cuisine faite maison. Ce restaurant a également fait le choix de l’autogestion coopérative en adoptant un statut de SCOP. Autre possibilité avec le restaurant Boko Loco qui propose une cuisine 100% végétale savoureuse à base de produits frais, locaux et bio ou durables. Tous les plats, de l’entrée au dessert, sont cuisinés par le Chef et sont servis dans des bocaux… ce qui permet de les déguster sur place ou de les emporter !

#5 – S’aventurer avec des acteurs engagés

Dernier domaine sur lequel vous pouvez agir pour passer des vacances plus responsables, le choix de vos activités.

Partir loin et se faire accompagner par des agences engagées pour la planète

Votre destination est lointaine, privilégiez bien sûr les guides locaux, les organismes du territoire pour vivre des expériences sportives, proches de la nature, culturelles ou artisanales. Ou faîtes-vous accompagner dans l’organisation de votre voyage par une agence adhérente à ATD, Acteurs du Tourisme Durable comme Explora Project. Cette agence de voyages d’aventure, basée à Annecy, développe un modèle de voyage responsable. Les expéditions créées, partout en Europe, sont donc à faible empreinte environnementale. Cette dernière est quantifiée et compensée. Par ailleurs, l’équipe sensibilise aux problématiques environnementales dans sa communication. Elle propose des solutions durables. Les aventures visent à faire vivre une connexion forte avec la nature tout en préservant les environnements traversés.

Partir à proximité, et tenter la micro-aventure

Près de chez vous, des acteurs locaux engagés vous proposent de vivre des aventures qui sortent de l’ordinaire tout en restant respectueuses de l’environnement. Vous pouvez certes, vous organiser seul, en repérant une étendue d’eau pour faire du paddle ou du canoë. Vous pouvez aussi explorer un circuit de randonnée méconnu. Le site Chilowé saura vous conseiller d’autres idées de micro-aventures. La micro-aventure, c’est finalement un véritable mode de vie. C’est se rapprocher de la nature, aller dehors, pour s’éloigner des écrans et se reconnecter au vivant. En optant pour l’aventure locale, dans des coins peu fréquentés, on va à l’opposé du tourisme de masse. On mise sur la simplicité, celle qui ne nécessite pas d’être un aventurier expérimenté qui a plusieurs semaines de disponibilité. Vélo, randonnée, bivouac, yoga en pleine nature, vie à la ferme, escalade, canoë, etc. autant d’expériences à très faible impact carbone. Une micro-aventure répondra forcément à notre besoin, notre envie. L’idée, c’est de bannir toute activité mécanique, en privilégiant, quand on en a la capacité, la force musculaire. Apprécier les micro-aventures, c’est changer d’état d’esprit et éprouver du plaisir dès qu’une activité sort de l’ordinaire, de la routine quotidienne.

Des vacances plus responsables, c’est possible, simple et agréable !

Nous avons vu 5 leviers sur lesquels agir pour passer des vacances plus responsables :

  • le choix de sa destination,
  • les transports utilisés,
  • l’hébergement retenu,
  • la consommation tant en termes de shopping que d’alimentation,
  • la sélection d’expériences avec des acteurs engagés pour la planète, voire l’adoption du mode de vie « micro-aventures ».

Pour aller plus loin, n’hésitez pas à consulter la charte d’engagement des voyageurs responsables, écrite par l’association déjà évoquée, ATD. Acteurs du Tourisme Durable est le premier réseau professionnel national visant à faire évoluer l’ensemble du secteur touristique vers des pratiques plus responsables. L’objectif est de créer des synergies entre les différents acteurs et de valoriser les bonnes pratiques.

Passer des vacances plus responsables relève du choix et de la volonté de chacun. C’est envisager les vacances avec peut-être plus de sobriété. Une évolution de l’état d’esprit s’opère : chaque découverte, chaque aventure, même éloignées des hauts lieux et expériences touristiques incontournables deviennent des moments de bonheur et de réjouissance. Mais n’oubliez pas, chacun fait sa part, à son niveau, à son rythme, et chaque part compte, même celle du colibri. Découvrez les acteurs locaux engagés auprès de Neva et soutenez-les !

Article rédigé par Elsa Boulet pour Neva

Sources :

Le tourisme durable en France – étude de l’ADEME

The carbon footprint of global tourisme – Nature Climate Change

L’Info Durable

Greenly Earth

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